m_falafel
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http://lejournaldemontreal.canoe.ca...phfacal/archives/2010/11/20101124-041709.html
Claude Ryan, un homme patient et obstiné, disait souvent que les gouttes d'eau, une à une, finissent par percer les rochers. Traduction libre : quand vous croyez à votre affaire, il faut répéter, répéter, répéter.
Alors, je répète. Prenez le méga-sondage réalisé par Léger Marketing et présenté depuis lundi dans le Journal. On nous apprenait d'abord que 85 % des Québécois pensent que le Québec va dans la mauvaise direction. Spontanément, je me suis dit que c'était une bonne nouvelle : pas la mauvaise direction, évidemment, mais que tant de gens le sentent.
La mauvaise nouvelle était dans les détails : 53 % des gens pensent qu'il suffirait de quelques «ajustements» pour se remettre dans le bon chemin. Ils n'étaient que 32 % à penser qu'il faut un «sérieux coup de barre». Ailleurs dans les reportages, nos concitoyens nous disaient où ils voudraient que le bon chemin les mène : vers plus de richesse, plus de consommation et plus de temps libre.
Intenable
Désolé, mais si c'est ce que vous voulez, des «ajustements» ne suffiront pas. La semaine dernière, le Conference Board a rendu publique une étude intitulée, L'heure des choix a sonné. Non, le Conference Board n'est pas un affreux regroupement de réactionnaires à la solde du grand capital.
Cette année, les dépenses du gouvernement du Québec pour la santé représentent 43,1 % de ses revenus. Si la tendance se maintient, donc si rien ne change, les dépenses de santé accapareront 63,4 % des revenus de l'État en 2030. Les intérêts de la dette grugeront 22,5 % des revenus du gouvernement cette année-là. Bref, la santé et la dette, à elles seules, avaleront 85,9 % du budget du gouvernement.
Illusions
Évidemment, si rien ne change, on se comprend. Mais cette tendance est si massive que vous rêvez en 3D si vous pensez que «quelques ajustements» suffiront pour la contrer. La raison est archiconnue : plus d'aînés, moins de travailleurs. Quelques milliers d'immigrants de plus ou des bonbons fiscaux pour retarder votre retraite de dix-huit mois seront radicalement insuffisants.
Juste pour rétablir l'équilibre budgétaire, le Conference Board calcule qu'il faudrait fixer la TVQ, qui passera à 9,5 % en janvier 2012, à... 19,5 % en 2030. Bien sûr, tout modèle repose sur des hypothèses. La tendance lourde est cependant si lourde que modifier une ou deux hypothèses ne transforme pas radicalement le portrait. Le problème étant structurel, il est illusoire également de croire que la reprise économique, la réduction du gaspillage ou la mise en prison de tous les fraudeurs changeraient grand-chose.
Avenir
Il n'y a peut-être que 7 ou 8 % des Québécois qui votent pour Québec solidaire, mais il y en a infiniment plus qui habitent l'univers intellectuel de Québec solidaire. Cela réjouira évidemment ceux qui n'aiment pas que des réalités déplaisantes viennent gâcher leurs explications simples, qui mettent toujours en cause les autres avant eux-mêmes.
On peut certes continuer à demander à l'État de subventionner massivement les études universitaires et les garderies, dont profitent principalement les mieux nantis. On peut bien pomper encore des milliards dans un système de santé devenu une baignoire sans bouchon. Mais ces choix ont un prix qu'il faut connaître : un Québec qui vide son garde-manger infiniment plus vite qu'il ne pourra le remplir dans l'avenir.
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Tabarnac... Que les gauchistes viennent me dire en pleine face que le système actuel est une réussite.
Claude Ryan, un homme patient et obstiné, disait souvent que les gouttes d'eau, une à une, finissent par percer les rochers. Traduction libre : quand vous croyez à votre affaire, il faut répéter, répéter, répéter.
Alors, je répète. Prenez le méga-sondage réalisé par Léger Marketing et présenté depuis lundi dans le Journal. On nous apprenait d'abord que 85 % des Québécois pensent que le Québec va dans la mauvaise direction. Spontanément, je me suis dit que c'était une bonne nouvelle : pas la mauvaise direction, évidemment, mais que tant de gens le sentent.
La mauvaise nouvelle était dans les détails : 53 % des gens pensent qu'il suffirait de quelques «ajustements» pour se remettre dans le bon chemin. Ils n'étaient que 32 % à penser qu'il faut un «sérieux coup de barre». Ailleurs dans les reportages, nos concitoyens nous disaient où ils voudraient que le bon chemin les mène : vers plus de richesse, plus de consommation et plus de temps libre.
Intenable
Désolé, mais si c'est ce que vous voulez, des «ajustements» ne suffiront pas. La semaine dernière, le Conference Board a rendu publique une étude intitulée, L'heure des choix a sonné. Non, le Conference Board n'est pas un affreux regroupement de réactionnaires à la solde du grand capital.
Cette année, les dépenses du gouvernement du Québec pour la santé représentent 43,1 % de ses revenus. Si la tendance se maintient, donc si rien ne change, les dépenses de santé accapareront 63,4 % des revenus de l'État en 2030. Les intérêts de la dette grugeront 22,5 % des revenus du gouvernement cette année-là. Bref, la santé et la dette, à elles seules, avaleront 85,9 % du budget du gouvernement.
Illusions
Évidemment, si rien ne change, on se comprend. Mais cette tendance est si massive que vous rêvez en 3D si vous pensez que «quelques ajustements» suffiront pour la contrer. La raison est archiconnue : plus d'aînés, moins de travailleurs. Quelques milliers d'immigrants de plus ou des bonbons fiscaux pour retarder votre retraite de dix-huit mois seront radicalement insuffisants.
Juste pour rétablir l'équilibre budgétaire, le Conference Board calcule qu'il faudrait fixer la TVQ, qui passera à 9,5 % en janvier 2012, à... 19,5 % en 2030. Bien sûr, tout modèle repose sur des hypothèses. La tendance lourde est cependant si lourde que modifier une ou deux hypothèses ne transforme pas radicalement le portrait. Le problème étant structurel, il est illusoire également de croire que la reprise économique, la réduction du gaspillage ou la mise en prison de tous les fraudeurs changeraient grand-chose.
Avenir
Il n'y a peut-être que 7 ou 8 % des Québécois qui votent pour Québec solidaire, mais il y en a infiniment plus qui habitent l'univers intellectuel de Québec solidaire. Cela réjouira évidemment ceux qui n'aiment pas que des réalités déplaisantes viennent gâcher leurs explications simples, qui mettent toujours en cause les autres avant eux-mêmes.
On peut certes continuer à demander à l'État de subventionner massivement les études universitaires et les garderies, dont profitent principalement les mieux nantis. On peut bien pomper encore des milliards dans un système de santé devenu une baignoire sans bouchon. Mais ces choix ont un prix qu'il faut connaître : un Québec qui vide son garde-manger infiniment plus vite qu'il ne pourra le remplir dans l'avenir.
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Tabarnac... Que les gauchistes viennent me dire en pleine face que le système actuel est une réussite.