J’m'en sacre du titre de celui-là
Posted on mai 2, 2012 by Jackie San
Rue St-Jean, Québec, 1er mai 2012. Photo Samuel Matteau.
Ouin, écoute… ça fait une décennie qu’on charge pas assez cher au monde… Faudrait que tu compenses pour notre gestion de marde des 10 dernières années. On peut compter sur toé, j’espère? -Le gouvernement
Le débat est rendu ailleurs.
Moi, mes études, elles sont terminées. Non seulement elles sont terminées, mais elles sont payées.
Les frais de scolarité augmentent demain matin, ça me calice rien du tout. Personnellement. À moi. À moi pis mon portefeuille.
On s’en calice!
-Moi et mon portefeuille
Mais là, le débat, il est rendu ailleurs. En tout cas, je pense. En tout cas, je l’espère.
C’est pu’ juste geler les frais, dégeler les frais, indexer les frais ou brûler les frais.
C’est refuser de se faire diriger de façon malhonnête. C’est reprendre conscience du pouvoir de la rue, c’est rappeler au monde les choix de société que nous avons faits.
T’aimes pas Gabriel Nadeau-Dubois? Fine. Ça te fait chier de voir des jeunes péter des vitres? J’peux comprendre. T’es contre le gel? Tu préfères l’indexation? Ok, correct.
Mais enlève-moi ton esti de carré vert de sur ta chemise, bonyenne!
Tu ne peux pas être pour une augmentation de 75% des frais de scolarité. TU PEUX JUSTE PAS.
Dans ta p’tite tête de noix, l’éducation ne peut pas être gratuite? Parfait, buddy. On pourrait en débattre longtemps. Mais ça ne justifie pas de faire un rattrapage de 10-15 ans sur le dos de 5 cohortes étudiantes.
Ouin, écoute… ça fait une décennie qu’on charge pas assez cher au monde… Faudrait que tu compenses pour notre gestion de marde des 10 dernières années. On peut compter sur toé, j’espère? -Le gouvernement
Ben voyons donc!
Tu laisses les universités se graisser à même les frais afférents (pas réglementés, by the way) pour des salaires de pas d’allure et des primes de départ qui me donneraient le goût de partir où tu veux, et t’espères que moé, Ti-Coune, je fasse ma juste part?
Euh. Écrase!
Euh. Écrase.
-Les étudiants
Non.
Euh. Écrase.
-Le Québec, esti.
T’as une job? Une maison? Une famille à nourrir? Des responsabilités de marde? Parfait, man. Moi, je comprends que tu peux pas toute sacrer ça là pour venir manifester avec nous.
Les étudiants, eux, ils ont rien à perdre. Ils vont la faire la job sale à ta place.
On va la faire la job sale à ta place.
-Les étudiants
Mais que je te vois pas leur mettre des bâtons dans les roues.
Mettre des bâtons dans les roues des jeunes, c’est pas juste appeler la police quand ça s’attroupe dans ton quartier.
Tout d’un coup la banque se fait briser ses belles vitrines.
-Esti De Colon
Mettre des bâtons dans les roues aux jeunes. M’a t’en donner des exemples, tu vas capoter.
Discréditer les initiatives régionales. C’est cave en sacrament. Colporter qu’à Québec, on sort dans la rue seulement pour une rédio ou pour une équipe de hockey allergique à la victoire quand elle joue icitte. Nous autres, au moins, on a réussi à rentrer quelque part. Complexe G. Assis dans le lobby, on criait Fonctionnaires, avec nous! Ben imagine-toi donc qu’on a pas passé à ton bulletin de nouvelles de la métropole… Scuse. Faque si vous croisez François Parenteau, dites-lui donc que ces jeunes-là rêvent pas de vivre dans une annonce de pick-up en faisant des donuts sur du Metallica. Pis que des douchebags, il a pas besoin de se taper 250 km de Bixi pour en trouver. Laval va faire l’affaire.
Bref, arrêtons de diviser le Québec en disant que le village voisin est rempli d’étranges qui pensent pas comme nous autres. Pis là, j’parle de Québec parce que c’est là que je vis. Des épais, y en a partout. Faisons fi des épais, pis battons-nous, calvaire.
Autre exemple. Être convaincu qu’un cellulaire, c’est du luxe. C’est quand même ben juste un téléphone, viarge. Ils peuvent toujours bien utiliser les téléphones publics, mais à 50 cennes la shot (haha, t’aimes ça les 50 cennes, Johnny), ça revient plus cher qu’un cellulaire. Alors tes memes gossés sur MS Paint de GND tenant une clope et un téléphone, tu sauras que ça m’insulte pas mal moins que de savoir que la Beauchamp déjeune avec la mafia, pis qu’elle calice probablement la facture dans ses frais de fonctionnement. Tsé, le budget que les élus recoivent chaque année, de facto, financé à même tes impôts… Oui. Ce budget-là.
Écouter, lire ou partager Richard Martineau. Même si c’est pour exposer à quelque point c’est un psychotique dangereux. Arrête, esti. Si t’as rien à lui répondre pour le casser, un contre-argumentaire à sa vomissure, ben farme ta yeule. Mets tes efforts sur la résistance, sur l’ouverture de yeux et d’esprits, sur des pancartes drôles et intelligentes, sur la ruse au lieu de la confrontation, sur un discours sensé, éclairé et responsable. Pis là, r’garde moi pas d’même. Moi, je coach l’équipe. Je patinerai pas à ta place.
Renseigne-toi sur le Plan Nord. Les prochaines années vont dépendre de ça. Toute est sur le Web, t’as même pas besoin de sortir ou de t’habiller. Lis. Les “pour” comme les “contre”. Faut juste que tu saches. Après, tu penseras ce que tu voudras. J’te fais confiance.
Prochaine élection, va voter. Oui, parce que pas voter, ça met des bâtons dans les roues des jeunes qui se tapent la job sale à ta place. Si tu veux continuer de la prendre dans l’cul, parfait. On va se rasseoir pis on va te sacrer patience avec nos ballounes rouges, notre feutrine, nos pancartes pis nos trompettes. On va brailler sur notre stock pendant que tu penses que t’as pris la bonne décision pour tes enfants. Tes enfants qui pourront pas full étudier longtemps, parce que t’auras dit aux jeunes d’aujourd’hui de se la farmer. Ils seront pas là pour payer les impôts nécessaires à l’éducation de ta marmaille.
Bah, tu pourras toujours nationaliser tes ressources naturelles…
Oh fuck, non. Elles vont appartenir à kekun d’autre.
Faque chiale contre les bébés gâtés si tu veux, contre les artisses opportunistes, contre tout ce que tu voudras, mais arrête de discréditer un mouvement SOCIAL conduit et dirigé par des étudiants qui voient au-delà du “moi et mon portefeuille”, au-delà de la session prochaine. Ils sont la clé vers des méthodes de gestion plus saines, une gouvernance plus transparente, des dirigeants fair play. Et comme disait ma mère avant que je parte pour l’école : Perds la pas, ta clé.
http://laxedumad.com/2012/05/02/jmen-sacre-du-titre-de-celui-la/
