Un jeune caïd de Laval au train de vie de jet-setter devra faire face à la justice américaine après être devenu le roi de la marijuana à New York, où l’on aurait fumé pour 800 millions $ de sa drogue en 10 ans.
À 33 ans, Jimmy Cournoyer s’était hissé au sommet d’un «consortium» nord-américain de trafiquants «à grande échelle» qui a importé et vendu «plus de 100 000 livres» (45 tonnes) de cannabis dans la région de la Grosse Pomme depuis 2002, selon des documents judiciaires dont le Journal a obtenu copie.
Surnommé «Cosmo», le Québécois a toutefois été coincé au terme d’une enquête de cinq années des policiers de la Drug Enforcement Administration américaine (DEA), menée avec la collaboration de la police de Laval.
Et le 14 décembre dernier, la juge Sandra Townes a rejeté sa requête visant à faire casser la quarantaine de chefs d’accusation qui *pèsent sur lui, après que les avocats de *Cournoyer eurent plaidé que le détenu avait été «physiquement et mentalement torturé» après son arrestation à Cancun, au Mexique, il y a 11 mois.
En plus d’être passible de la prison à vie, ce propriétaire d’une voiture sport valant plus d’un million $ (une Bugatti Veyron) est visé par une réclamation judiciaire astronomique de 800 millions $ déposée par le bureau du US Attorney, «soit la somme estimée des recettes qu’ont rapportées ses crimes», écrit Me Loretta Lynch.
Mafia, motards et cartels mexicains
Selon l’enquête de la DEA, le réseau dirigé par «Cosmo» Cournoyer travaillait main dans la main avec la mafia italienne, les Hells *Angels et les cartels mexicains pour faire tourner ses *affaires à la grandeur du continent.
L’organisation se targuait de pouvoir produire «des quantités illimitées» de cannabis de haute qualité en Colombie-Britannique et au Québec. Cournoyer et ses lieutenants rencontraient d’abord leurs partenaires potentiels à Montréal, dans un bar de danseuses ou un *hôtel, pour leur faire tester la marchandise et s’entendre sur les prix.
Chaque semaine, entre 50 et 100 kg de *marijuana «made in Canada» traversaient la frontière — notamment par la réserve amérindienne d’Akwesasne, selon l’un des cinq *complices qui ont collaboré avec les policiers pour piéger Cournoyer — par camion ou par bateau pour être écoulés à New York et à *Brooklyn, allèguent les autorités.
La DEA est parvenue à infiltrer l’organisation et constater que Cournoyer expédiait une partie des profits à «ses boys» de la Californie, pour acheter «des kilos de cocaïne» au Mexique, selon Me Steven Tiscione. La drogue devait ensuite être exportée au Canada.
Mario Racine, de Laval, le «meilleur ami» et bras droit de Cournoyer, ainsi que Francis Paissé, de Blainville, un haut gradé du réseau, sont en attente de leur extradition du Québec vers les États-Unis pour être jugés.